Rencontre avec Aurélie Gandour...

Aurélie Gandour a publié Les éventrées en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que pensez-vous de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? En tant que lectrice, je préfère les romans assez longs : dans une nouvelle, on commence à peine à apprécier les personnages, à s’habituer au style de l’auteur que c’est déjà fini ! Je trouve ça un peu frustrant. Mais en tant qu’auteure, je trouve que la nouvelle est un petit laboratoire extrêmement intéressant. On peut essayer des choses, développer quelques idées pour voir ce que ça donne, s’entraîner à créer un récit cohérent. Écrire puis réécrire « Les Éventrées » a été pour moi très formateur. Quant à la nouvelle à thème, je trouve que la créativité s’épanouit le mieux sous la contrainte. Je me suis beaucoup amusée à déconstruire la légende de Jack pour voir quels éléments pouvaient être gardés, comment les transposer dans un contexte différent, ré-imaginer les personnages… C’est une fois mon imagination enrichie de tous ces éléments que je me suis attelée à l’écriture de la nouvelle en elle-même. Et c’est tellement plus facile que de ne partir de rien. Est-ce la première fois que vous répondez à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Je me rappelle, étant petite, avoir écrit divers débuts de nouvelles pour les concours de « J’aime Lire ». Et au fil des années j’ai participé à quelques concours de poèmes. Mais, oui, c’était la première fois que j’arrivais à faire aboutir une nouvelle pour un appel à textes. Qu’est-ce qui vous a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? Quand je...

Rencontre avec Marie Laurent...

Marie Laurent a publié Nièce de sang en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Enquête d’imaginaire »). > Voir la fiche du livre > Acheter Tes précédentes publications ont pour point commun d’être teintées de romance. Or, même s’il est question de sentiments dans Nièce de sang, c’est avant tout un roman noir fantastique. N’as-tu pas l’impression de faire le grand écart ? Mes précédentes publications teintées de romance résultent d’un appel à textes pour une collection sentimentale, auquel j’ai répondu en 2010 en envoyant un manuscrit de jeunesse, remanié. Du coup, j’ai abandonné mon roman en cours, de l’anticipation assez noire avec une composante sentimentale : la suite de La race des Séniors, paru en 2009. Cette même année, j’avais écrit Nièce de sang, modifié en 2010, surtout au niveau de la fin. Ma période « fantastique » a connu un vrai développement à partir de 2007, date de ma découverte de l’œuvre de HP Lovecraft, dont j’ai transposé deux textes (sans beaucoup de réussite !). De nombreuses nouvelles sont nées à cette époque. Certaines ont été publiées en collectif, d’autres dans un recueil Dérangements ordinaires. Curieusement, deux des nouvelles de ce recueil ont servi de base à un roman : Ensorcelante Margarita et La mouche d’Éléonore. Toutes deux alliant fantastique et romance, je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment fait le grand écart.   J’écris dans la postface que Nièce de sang incite à s’interroger sur les erreurs que nous faisons au cours de notre vie, et sur leur inéluctabilité. Était-ce ton idée de départ ou un simple « dommage » collatéral ? Au départ, Nièce de sang était une nouvelle inspirée de faits réels. J’ai préféré lui donner une teinture fantastique plutôt que de retranscrire fidèlement la réalité. En bref : Margot a existé, mais elle n’est jamais sortie de sa tombe pour tourmenter sa nièce. Le court récit a très vite pris de l’ampleur et s’est transformé en roman. Le...

Rencontre avec Ève Terrellon...

Ève Terrellon a publié Hérédité sanglante en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est l’exercice le plus difficile que je connaisse. Moi qui aime les scénarios complexes, j’ai toujours un peu de mal à ne pas m’y sentir à l’étroit. Un format court laisse peu de place à l’improvisation, la mienne étant souvent désordonnée. Une fois l’idée trouvée, il faut que je la canalise, et à mes yeux, tout l’attrait de la nouvelle se trouve justement là : dans la recherche du meilleur équilibre entre les différentes parties de l’histoire, le choix des mots justes, l’obligation de tailler dans la masse pour ne conserver que l’essentiel. C’est tout un art, que je suis encore loin de très bien maîtriser. Mais j’aime cette difficulté. Ça n’a rien de frustrant à partir du moment où on le prend comme un jeu. Ce que je fais. Ce qui implique que j’apprécie encore plus les nouvelles à thèmes, car elles m’obligent à jongler avec des paramètres plus précis, tout en gardant ma liberté d’expression. La nouvelle à thème offre à mes yeux un autre avantage : celui de me soumettre une idée de départ à laquelle je n’aurais pas forcément songé. C’est très amusant pour moi d’imaginer une histoire à partir d’un socle commun, et encore plus enrichissant de découvrir ce que les autres en ont fait. La force créative de mes collègues auteurs m’oblige à me surpasser. Ce qui n’est jamais gagné, mais va dans le sens de l’amélioration de mon écriture. Enfin, je l’espère… Est-ce la première fois...

Rencontre avec Gabrielle Massat...

Gabrielle Massat a publié Ciel d’orage et soupe d’orties en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un art très exigeant. Je trouve ça bien plus compliqué que l’écriture d’un roman. Une bonne nouvelle, c’est une précision millimétrée et un thème assez fort pour avoir de l’impact sans être développé : autant dire un sacré challenge. Sans compter les codes très précis de ce format… Je pense que l’intérêt de la nouvelle à thème réside dans l’interprétation que l’on peut faire du sujet. Je trouve ça très ludique et je réussis, paradoxalement, à être plus créative dans ce cadre. Si j’ai quelque chose à dire, je préfère l’étoffer pour en faire une novella ou un roman plutôt qu’une nouvelle. C’est pour ça que je ne me lance jamais dans une nouvelle à thème libre. Et si je verse volontiers dans la nouvelle à thème, c’est justement parce que le cadre imposé en fait un exercice attrayant, qui m’oblige à réfléchir à des sujets que je n’aurais pas traités spontanément. L’idée m’est soufflée par le thème, donc je me plie aux contraintes de format. Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Juste avant cet appel à texte, j’ai répondu à un appel à romans. C’est tout. De manière générale, je suis assez réfractaire aux contraintes et à la notion de concours. Je ne participe à un appel à texte que si le thème (voire le format, mais c’est plus rare) m’intéresse suffisamment pour représenter un défi personnel. Ça...

Rencontre avec Sabine Dormond...

Sabine Dormond a publié Terreau toxique en 2013 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Un Noël en rouge »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un genre qui permet de papillonner d’un thème à l’autre, de cracher le sujet d’un trait. Elle convient bien à mon mode de vie morcelé où le temps consacré à l’écriture est, hélas, bien restreint. J’adorerais pouvoir écrire plus souvent des textes plus longs. Pour apaiser cette frustration, je me souviens que ces récits nous encombrent la tête, nous obligent à nous relever sans cesse la nuit pour éviter de perdre les idées qui viennent au moment de s’endormir, font qu’on n’est des fois pas très présent à notre réalité. Mais je ne suis pas complètement dupe. Parmi les Dissidents de la pleine lune, un groupe d’auteurs qui se réunit les soirs de pleine lune pour se lire des textes fraîchement pondus sur des thèmes plus farfelus les uns que les autres, les commenter et se donner une consigne pour le mois suivant, j’ai appris qu’on peut aborder les sujets qui nous tiennent à cœur sous couvert de n’importe quelle consigne. Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? À l’origine, ce thème ne m’inspirait rien du tout. Mon orgueil n’a pas supporté. Il a exigé que j’en fasse quelque chose. Et puis, j’avais envie de tester un autre éditeur, de voir si par hasard, il réussirait à faire une promotion plus efficace que ceux à qui j’ai eu affaire pour l’instant. Je leur suis toutefois très reconnaissante d’avoir...

Rencontre avec Cécile Benoist...

Cécile Benoist a publié Jacques l’étripeur en 2013 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Pour moi, la nouvelle, c’est l’art de la concision. Il faut créer un univers dans un espace restreint, faire vivre des personnages avec une économie de mots, raconter une histoire qui peut se déployer tout en étant contenue. À l’auteur de trouver sa liberté dans ce cadre. Mais cela me convient bien, car j’ai tendance à m’éparpiller… La nouvelle à thème est un jeu, un petit défi, j’apprécie ce côté ludique. Écrire, c’est jouer avec les mots, avec la langue. Mais autant un thème peut m’inspirer, autant un autre peut me laisser totalement pantoise. Je réponds depuis peu à des appels à textes, mais je trouve que c’est un exercice intéressant. Ça me conduit dans des univers vers lesquels je ne serais pas forcément allée, et en même temps, ça fait ressortir ce qui me tient à cœur. Finalement, en répondant aux injonctions littéraires extérieures, je développe « ma patte ». Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? L’oscillation entre la référence historique et le caractère légendaire de Jack l’Éventreur m’a interpellée. Cet entre-deux un peu bancal présente des opportunités d’écriture intéressantes. Le glissement (de Jack à Jacques) permettait de s’appuyer sur des éléments réels puis de s’en détacher librement, en laissant une grande porte ouverte sur l’imaginaire. En quelques mois, Jacques l’Étripeur est ta deuxième nouvelle après Toumbo...