« Ghostfather » par Éric Calatraba

Couverture de « Ghostfather »

Quatrième de couverture :  Clément, un jeune musicien plein de rage, croise la route d’une guitare au son stupéfiant : une Fender Stratocaster Mark Knopfler dont les caractéristiques inattendues pourraient changer le cours de sa vie…

Dans Ghostfaher, cet instrument unique forme avec d’autres personnages le chœur narratif de son histoire.

ISBN : 978-1-910628-26-3

Nombre de pages : 126

Langue : Français

Prix : 4,99 €

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Chroniques & critiques :

« Et dès la première page, c’est parti. Le rythme effréné, les points de vues divers et variés, les paysages qui défilent, les pensées qui s’entremêlent. Et la musique, encore et toujours la musique. Elle accompagne, elle étonne, elle vous trimballe.

[...]

On relève la tête, on referme le livre, on regarde autour de nous et l’on réalise que l’on a le souffle coupé, que l’on est bouleversé. Et au bout de quelques minutes, on comprend que le thème c’est la paternité, la force de la génétique et les modèles que l’on reproduit sans forcément le vouloir.

C’est profond, c’est noir, c’est intense. »

Juliette Annen Bosco sur Jablog – lire la chronique complète

« Cette histoire est bien plus profonde qu’un simple récit sur une Fender et son vécu : la paternité sous toutes ses formes, les gênes qui choisiraient notre voie, les espoirs et désillusions d’une vie. Savoir choisir, ne pas suivre les pas tout tracés, continuer d’avancer à son rythme et non celui imposé. Vengeance, destructions, attentes… Il y a une très grande part de noirceur qui est bien présente tout du long, apportant une angoisse supplémentaire. À lire absolument, que l’on soit passionné de musique ou non ! »

Gabrielle Viszs sur Chroniques Livresques – lire la chronique complète

Morceaux choisis :

« Je suis née à Corona en Californie, au sud de Los Angeles. Ce n’est pas pour me vanter, mais je suis issue d’une grande lignée. Je suis du bois dont on fait les stars. Mon corps est en frêne, mon manche en érable et en palissandre. J’ai une cousine qui fréquentait Georges Harrison, une autre qui a passé vingt ans avec David Gilmour. J’avais mal commencé pourtant, offerte comme cadeau d’anniversaire à un adolescent de Saint-Germain-en-Laye qui m’avait aussitôt accrochée au mur, dans sa chambre cosy, bien entretenue par la bonne, avant de retourner travailler son violoncelle. Il y avait une grande et belle fenêtre qui donnait sur un parc avec piscine. Je suis restée suspendue là pendant deux ans, entre des posters de Rostropovich et de  Nathalie Dessay. Qui avait pu avoir l’idée d’acheter une Fender Stratocaster à ce gamin ?

Un matin, lassée de me voir, la mère m’emmena dans un dépôt. On m’installa entre une Les Paul en phase terminale et une basse Rickenbaker qui ne semblait pas comprendre comment elle avait échoué dans cet endroit. Des néons blafards éclairaient le passage de clients au pas lent, qui erraient entre les objets hétéroclites des allées. Là, j’appris une autre forme de patience : chaque jour, les curieux me prenaient, me tripotaient et me reposaient. Juste le temps de constater que pincer mes cordes, c’était quand même plus difficile que de se la jouer en mode air guitar. Eh oui, je peux vous donner un son d’enfer, ou de paradis hawaïen, mais ça se mérite.

Puis un jour, je vis Clément entrer dans le magasin, marcher dans ma direction sans l’ombre d’une hésitation et tourner quelques minutes devant moi en lançant des regards vers le patron. Finalement, il passa la sangle sur son épaule et joua. C’était dingue : je me rendis compte de quoi j’étais capable et ce pour quoi j’étais née. Comme je vous l’ai dit, j’étais pucelle, mon ancien propriétaire m’avait à peine touchée. Ça me fit vibrer. Oh, oui. Je commençai enfin ma vraie vie de guitare.  »

Éric Calatraba, Ghostfather