Rencontre avec Cécile Benoist

Rencontre avec Cécile Benoist

Cécile Benoist a publié Jacques l’étripeur en 2013 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »).

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Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ?

Pour moi, la nouvelle, c’est l’art de la concision. Il faut créer un univers dans un espace restreint, faire vivre des personnages avec une économie de mots, raconter une histoire qui peut se déployer tout en étant contenue. À l’auteur de trouver sa liberté dans ce cadre. Mais cela me convient bien, car j’ai tendance à m’éparpiller…

La nouvelle à thème est un jeu, un petit défi, j’apprécie ce côté ludique. Écrire, c’est jouer avec les mots, avec la langue. Mais autant un thème peut m’inspirer, autant un autre peut me laisser totalement pantoise.

Je réponds depuis peu à des appels à textes, mais je trouve que c’est un exercice intéressant. Ça me conduit dans des univers vers lesquels je ne serais pas forcément allée, et en même temps, ça fait ressortir ce qui me tient à cœur. Finalement, en répondant aux injonctions littéraires extérieures, je développe « ma patte ».

Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ?

L’oscillation entre la référence historique et le caractère légendaire de Jack l’Éventreur m’a interpellée. Cet entre-deux un peu bancal présente des opportunités d’écriture intéressantes. Le glissement (de Jack à Jacques) permettait de s’appuyer sur des éléments réels puis de s’en détacher librement, en laissant une grande porte ouverte sur l’imaginaire.

En quelques mois, Jacques l’Étripeur est ta deuxième nouvelle après Toumbo le masque à faire la part belle à l’Afrique d’une part, et à l’analyse sociologique d’autre part. Est-ce une volonté de donner de l’importance à ces sujets dans ta production à venir ou une simple coïncidence ?

Ce n’est pas quelque chose de prémédité, mais parmi tous les textes que j’écris et qui touchent à des domaines variés, ce sont finalement ceux qui évoquent l’Afrique et qui explorent le social qui « fonctionnent » le mieux. Sans doute parce que ce sont des sujets qui me tiennent à cœur et qui m’interrogent de façon infinie, qui retentissent en moi côté affect et côté raison.

Jacques l’Étripeur est-il ton premier texte de « genre » ? Quelles sont d’ailleurs tes influences littéraires ? Te plais-tu à t’inscrire dans un courant, ou es-tu un électron libre ?

J’avais déjà écrit quelques textes noirs auparavant, mais je me définis comme une auteure « tout-terrain ». En terme d’écriture, je ne m’interdis rien. J’écris pour les enfants, pour les adultes, du documentaire, de la fiction, du journalistique, sur support papier ou numérique, du drôle, du triste, de l’émouvant, du sombre, de l’absurde, du léger. Ce qui m’intéresse, c’est de décortiquer les mécanismes de l’écriture (le formel) en explorant, avec le langage, le social, l’humain et le monde en général.

Côté influences, c’est assez varié aussi. J’ai une sensibilité aux univers délirants, absurdes, oniriques (Boris Vian, Paul Auster, Éric Chevillard), aux textes drôles (Sans nouvelle de Gurb d’Eduardo Mendoza est une pépite), à l’humour noir (Le livre sans nom), à la littérature africaine (Alain Mabanckou, Leonora Miano, Fouad Laroui), je farfouille dans le polar et le roman noir et j’affectionne la littérature jeunesse.

J’avais prévenu, j’ai tendance à m’éparpiller… Il y a tellement d’univers intéressants ! L’idée de me limiter à une forme d’écriture ou de lecture me fait totalement paniquer.

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