Rencontre avec Gabrielle Massat

Rencontre avec Gabrielle Massat

Gabrielle Massat a publié Ciel d’orage et soupe d’orties en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »).

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Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ?

La nouvelle est un art très exigeant. Je trouve ça bien plus compliqué que l’écriture d’un roman. Une bonne nouvelle, c’est une précision millimétrée et un thème assez fort pour avoir de l’impact sans être développé : autant dire un sacré challenge. Sans compter les codes très précis de ce format…

Je pense que l’intérêt de la nouvelle à thème réside dans l’interprétation que l’on peut faire du sujet. Je trouve ça très ludique et je réussis, paradoxalement, à être plus créative dans ce cadre.

Si j’ai quelque chose à dire, je préfère l’étoffer pour en faire une novella ou un roman plutôt qu’une nouvelle. C’est pour ça que je ne me lance jamais dans une nouvelle à thème libre. Et si je verse volontiers dans la nouvelle à thème, c’est justement parce que le cadre imposé en fait un exercice attrayant, qui m’oblige à réfléchir à des sujets que je n’aurais pas traités spontanément. L’idée m’est soufflée par le thème, donc je me plie aux contraintes de format.

Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ?

Juste avant cet appel à texte, j’ai répondu à un appel à romans. C’est tout. De manière générale, je suis assez réfractaire aux contraintes et à la notion de concours. Je ne participe à un appel à texte que si le thème (voire le format, mais c’est plus rare) m’intéresse suffisamment pour représenter un défi personnel. Ça me force à sortir de mes sentiers battus pour ne pas me laisser enfermer… Essentiel pour un auteur, surtout débutant, hein ?

Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ?

En premier lieu, le thème, évidemment. Jack l’Éventreur, c’est la réalité qui dépasse la fiction ! Revisiter un mythe aussi passionnant représentait un vrai défi. De plus, cet AT laisse une grande liberté dans la forme du texte : les critères de taille (entre 5000 et 10 000 mots à l’époque de l’AT) autorisent un développement et une complexité appréciables. On est à la frontière entre nouvelle et novella, donc libres de structurer l’histoire selon nos souhaits. Une contrainte de fond, une liberté de forme… pile-poil ce qui me convient !

L’autre aspect qui m’a fait choisir cet AT plutôt qu’un autre, c’est que j’apprécie énormément la politique « underground » et la ligne éditoriale des éditions de Londres. À l’origine, j’ai produit un texte pour la collection East End parce que je souhaitais apporter une modeste contribution à un projet qui me plaisait en tant que lectrice.

(et non, je ne suis pas une vendue !)

Tu es l’une des rares personnes à nous avoir soumis une histoire policière, et la seule que nous ayons retenue jusqu’à maintenant. Peux-tu nous dire pourquoi tu as opté pour ce genre plutôt que le thriller ou le noir, peut-être plus à la mode ?

Parce que j’adore les polars, héhé ! (ou alors que je fuis ce qui est à la mode… ?)

Selon moi, rien ou presque n’est plus difficile que d’écrire un bon roman policier. Le genre nécessite une rigueur et une créativité que je peine à retrouver ailleurs. De plus, je pense que le polar n’est pas incompatible avec le thriller ou le noir et que toute sa richesse réside justement là : on n’est jamais limité à une enquête policière. Si le roman policier peut sembler assez restrictif en lui-même, il me paraît très propice au mélange des genres. D’ailleurs, même si « Ciel d’orage et soupe d’orties » reste une nouvelle policière assez basique, j’ai plutôt tendance à me situer à la frontière entre le polar et le noir, d’habitude.

Outre ces considérations théoriques, je suis tombée dans le polar quand j’étais petite et m’en nourris avidement depuis. Forcément, c’est devenu mon genre de prédilection… 

Jacques Pinto est-il l’homme d’une seule nouvelle ou as-tu prévu d’autres enquêtes ?

Je crois que Jacques est bien parti pour une préretraite tranquille sur son bateau et c’est tout le mal que je lui souhaite ! Il ne veut plus être flic et j’évite de contrarier mes personnages. Ils sont rancuniers. Cependant, et quoi qu’il en dise, Jacques a son job dans la peau et un sens de la justice un peu trop aigu pour le laisser tranquille. Donc rien n’est impossible.

En revanche, je peux d’ores et déjà dire qu’on n’a pas fini d’entendre parler de Gabriel… Lui, c’est certain, il a encore des choses à dire.

Est-ce que cette première expérience de publication t’a apporté quelque chose d’autre qu’un livre numérique publié ?

Bien sûr, quelle question ! Voyons voir… en vrac : une rencontre humaine à travers les corrections éditoriales, une progression immense en terme de technique d’écriture, la satisfaction de peaufiner un texte (et de le voir se bonifier à chaque nouvelle version). Que du bon, quoi.

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