Noël d’encre par Ginette Santourens – À propos du texte et de l’auteur...

Noël d’encre est une nouvelle noir de Ginette Santourens publiée en 2016 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte Il flotte dans Noël d’encre de Ginette Santourens un parfum de Twin Peaks de David Lynch. Non que le personnage principal soit un agent du FBI aux méthodes peu conventionnelles ou que le « Bar de l’Espérance » ait grand-chose de commun avec le « Jack n’a qu’un œil ». Mais il y a de proche entre ces deux-là un certain sens de l’absurde, du bizarre, et nous dirions même, du grotesque. Et une pointe de fantastique. Pourtant, l’auteure assure que cette ressemblance est purement fortuite, l’œuvre du cinéaste — celui-ci en tout cas — ne l’inspirant pas spécialement. Se plonger dans Noël d’encre, c’est effet être absorbé par une ambiance particulière : tantôt festive, tantôt étouffante, tantôt délirante, parfois un peu des trois à la fois. On retrouve par moment nos repères pour mieux les perdre à nouveau. Noël d’encre est un texte qui vaut particulièrement pour la palette de sensation qu’il promet de faire vivre au lecteur. Le Noël célébré dans ce texte est plein d’ambiguïté. C’est « Je t’aime Père Noël… moi non plus ». Tantine est tout à la fois écœurée par les excès de la fête, mal à l’aise de la pression familiale, rassurée par la bienveillance et la proximité que cette fête particulière instille en tout un chacun. Et c’est vrai que Noël, c’est un peu tout cela. Au point que l’alcoolisme, thème maintes fois exploré dans la littérature noire, semble n’être ici qu’un prétexte. À propos de l’auteur Ginette Santourens est informaticienne, activité sans originalité dit-elle. Celle-ci se trouve certainement alors dans l’éclectisme de ses goûts littéraire : William Faulkner, Léon Tolstoï, Antonin Artaud, Friedrich Nietzche,...

« Purgatoire » par Jim Rousseau – À propos du texte et de l'auteur...

Purgatoire est un roman noir d’anticipation de Jim Rouseau publiée en 2015 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter Jim Rousseau (James Archibald Rousseau) est un écrivain de nationalité américaine et de culture cajun résidant à Londres. Jim est né en 1973 dans la ville de Breaux Bridge, paroisse de St Martin en Louisiane, une petite ville située en plein cœur de la région des bayous de l’Atchafalaya Basin, et connue pour son célèbre pont métallique. Après des études de littérature française, Jim quitte le domicile familial à l’âge de 18 ans, voyage dans tous les États-Unis, revient dans le Sud et enchaîne les petits boulots : il est pompier, travaille quelque temps comme chauffeur routier pour l’usine Tabasco dans la paroisse de New Iberia, devient roadie pour un groupe de Blues électrique du Mississippi, « Clarksdale blue scoundrels ». Enfin, il travaille quelques années comme pigiste au Times-Picayune de La Nouvelle-Orléans, avant de se lancer dans l’écriture. Au début des années 2000, il publie trois romans non traduits en français : The loneliness of the cypress on the I-10, The fun of funerals, Bloody rosebud and shrimp po-boys. Certains critiques le comparent à James Lee Burke, son illustre « voisin » de New Iberia. D’autres voient même du Faulkner dans ses descriptions tragiques de la condition humaine. Mais la plupart des critiques trouvent ses premiers romans trop ambitieux et décousus. Il accumule les échecs. En 2005, il annonce qu’il arrête l’écriture. Il quitte les États-Unis, et part pour l’Europe. Il passe deux ans dans un monastère cistercien, après quoi il s’installe à Paris puis à Londres, il se remet à l’écriture, mais ne trouve pas d’éditeur. Enfin, en 2013, il accouche de Purgatory, un...

Rencontre avec Aurélie Gandour...

Aurélie Gandour a publié Les éventrées en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que pensez-vous de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? En tant que lectrice, je préfère les romans assez longs : dans une nouvelle, on commence à peine à apprécier les personnages, à s’habituer au style de l’auteur que c’est déjà fini ! Je trouve ça un peu frustrant. Mais en tant qu’auteure, je trouve que la nouvelle est un petit laboratoire extrêmement intéressant. On peut essayer des choses, développer quelques idées pour voir ce que ça donne, s’entraîner à créer un récit cohérent. Écrire puis réécrire « Les Éventrées » a été pour moi très formateur. Quant à la nouvelle à thème, je trouve que la créativité s’épanouit le mieux sous la contrainte. Je me suis beaucoup amusée à déconstruire la légende de Jack pour voir quels éléments pouvaient être gardés, comment les transposer dans un contexte différent, ré-imaginer les personnages… C’est une fois mon imagination enrichie de tous ces éléments que je me suis attelée à l’écriture de la nouvelle en elle-même. Et c’est tellement plus facile que de ne partir de rien. Est-ce la première fois que vous répondez à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Je me rappelle, étant petite, avoir écrit divers débuts de nouvelles pour les concours de « J’aime Lire ». Et au fil des années j’ai participé à quelques concours de poèmes. Mais, oui, c’était la première fois que j’arrivais à faire aboutir une nouvelle pour un appel à textes. Qu’est-ce qui vous a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? Quand je...

Rencontre avec Marie Laurent...

Marie Laurent a publié Nièce de sang en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Enquête d’imaginaire »). > Voir la fiche du livre > Acheter Tes précédentes publications ont pour point commun d’être teintées de romance. Or, même s’il est question de sentiments dans Nièce de sang, c’est avant tout un roman noir fantastique. N’as-tu pas l’impression de faire le grand écart ? Mes précédentes publications teintées de romance résultent d’un appel à textes pour une collection sentimentale, auquel j’ai répondu en 2010 en envoyant un manuscrit de jeunesse, remanié. Du coup, j’ai abandonné mon roman en cours, de l’anticipation assez noire avec une composante sentimentale : la suite de La race des Séniors, paru en 2009. Cette même année, j’avais écrit Nièce de sang, modifié en 2010, surtout au niveau de la fin. Ma période « fantastique » a connu un vrai développement à partir de 2007, date de ma découverte de l’œuvre de HP Lovecraft, dont j’ai transposé deux textes (sans beaucoup de réussite !). De nombreuses nouvelles sont nées à cette époque. Certaines ont été publiées en collectif, d’autres dans un recueil Dérangements ordinaires. Curieusement, deux des nouvelles de ce recueil ont servi de base à un roman : Ensorcelante Margarita et La mouche d’Éléonore. Toutes deux alliant fantastique et romance, je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment fait le grand écart.   J’écris dans la postface que Nièce de sang incite à s’interroger sur les erreurs que nous faisons au cours de notre vie, et sur leur inéluctabilité. Était-ce ton idée de départ ou un simple « dommage » collatéral ? Au départ, Nièce de sang était une nouvelle inspirée de faits réels. J’ai préféré lui donner une teinture fantastique plutôt que de retranscrire fidèlement la réalité. En bref : Margot a existé, mais elle n’est jamais sortie de sa tombe pour tourmenter sa nièce. Le court récit a très vite pris de l’ampleur et s’est transformé en roman. Le...

Rencontre avec Ève Terrellon...

Ève Terrellon a publié Hérédité sanglante en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est l’exercice le plus difficile que je connaisse. Moi qui aime les scénarios complexes, j’ai toujours un peu de mal à ne pas m’y sentir à l’étroit. Un format court laisse peu de place à l’improvisation, la mienne étant souvent désordonnée. Une fois l’idée trouvée, il faut que je la canalise, et à mes yeux, tout l’attrait de la nouvelle se trouve justement là : dans la recherche du meilleur équilibre entre les différentes parties de l’histoire, le choix des mots justes, l’obligation de tailler dans la masse pour ne conserver que l’essentiel. C’est tout un art, que je suis encore loin de très bien maîtriser. Mais j’aime cette difficulté. Ça n’a rien de frustrant à partir du moment où on le prend comme un jeu. Ce que je fais. Ce qui implique que j’apprécie encore plus les nouvelles à thèmes, car elles m’obligent à jongler avec des paramètres plus précis, tout en gardant ma liberté d’expression. La nouvelle à thème offre à mes yeux un autre avantage : celui de me soumettre une idée de départ à laquelle je n’aurais pas forcément songé. C’est très amusant pour moi d’imaginer une histoire à partir d’un socle commun, et encore plus enrichissant de découvrir ce que les autres en ont fait. La force créative de mes collègues auteurs m’oblige à me surpasser. Ce qui n’est jamais gagné, mais va dans le sens de l’amélioration de mon écriture. Enfin, je l’espère… Est-ce la première fois...