Rencontre avec Gabrielle Massat...

Gabrielle Massat a publié Ciel d’orage et soupe d’orties en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un art très exigeant. Je trouve ça bien plus compliqué que l’écriture d’un roman. Une bonne nouvelle, c’est une précision millimétrée et un thème assez fort pour avoir de l’impact sans être développé : autant dire un sacré challenge. Sans compter les codes très précis de ce format… Je pense que l’intérêt de la nouvelle à thème réside dans l’interprétation que l’on peut faire du sujet. Je trouve ça très ludique et je réussis, paradoxalement, à être plus créative dans ce cadre. Si j’ai quelque chose à dire, je préfère l’étoffer pour en faire une novella ou un roman plutôt qu’une nouvelle. C’est pour ça que je ne me lance jamais dans une nouvelle à thème libre. Et si je verse volontiers dans la nouvelle à thème, c’est justement parce que le cadre imposé en fait un exercice attrayant, qui m’oblige à réfléchir à des sujets que je n’aurais pas traités spontanément. L’idée m’est soufflée par le thème, donc je me plie aux contraintes de format. Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Juste avant cet appel à texte, j’ai répondu à un appel à romans. C’est tout. De manière générale, je suis assez réfractaire aux contraintes et à la notion de concours. Je ne participe à un appel à texte que si le thème (voire le format, mais c’est plus rare) m’intéresse suffisamment pour représenter un défi personnel. Ça...

« Ciel d'orage et soupe d'orties » par Gabrielle Massat – À propos du texte et de l’auteure...

Ciel d’orage et soupe d’orties est une nouvelle policière de Gabrielle Massat publiée en 2013 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure On pourrait croire que votre serviteur, sympathique responsable de la collection « East End », reçoit beaucoup de manuscrits de romans policiers. Il n’en est rien. Considérons par exemple les nouvelles soumises à ce jour dans le cadre de notre appel à textes « Jacques l’Éventreur » : seules 10 % retournent de ce sous-genre. Il semblerait bien que ces dernières années, le thriller et le roman noir aient pris le pas sur le policier dans les collections comme la nôtre. Et lorsque l’on reçoit un roman policier, le genre est souvent mal maîtrisé : inspiration marquée par les années 50, documentation très approximative, clichés à gogo. Voilà pourquoi de battre mon cœur s’est pratiquement arrêté en lisant Ciel d’orage et soupe d’orties. Un titre qui fleure bon San Antonio, mais qui cache un texte d’un classicisme modernisé. Une intrigue « simple », mais efficace et intelligemment construite – des indices sont discrètement disséminés tout au long du récit. Des personnages qui font le pied de nez aux clichés les plus éculés. Une ambiance résolument rock ’n’ roll. Les références à Jack l’Éventreur sont là, évidentes, mais légères et comme utilisées à l’opposé de ce qui est attendu. L’éventreur de Ciel d’orage et soupe d’orties protège les prostitués, et a le sommeil agité quand il a failli à son devoir. Lorsqu’il franchit les frontières de la légalité, c’est paradoxalement pour la justice. Ce vent de fraîcheur est apporté par une jeune auteure née en 1991, Gabrielle Massat. Ses études de kinésithérapie, bien éloignées des Lettres souvent préférées par les écrivains, lui permettent sans doute un recul...