Rencontre avec Ève Terrellon...

Ève Terrellon a publié Hérédité sanglante en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est l’exercice le plus difficile que je connaisse. Moi qui aime les scénarios complexes, j’ai toujours un peu de mal à ne pas m’y sentir à l’étroit. Un format court laisse peu de place à l’improvisation, la mienne étant souvent désordonnée. Une fois l’idée trouvée, il faut que je la canalise, et à mes yeux, tout l’attrait de la nouvelle se trouve justement là : dans la recherche du meilleur équilibre entre les différentes parties de l’histoire, le choix des mots justes, l’obligation de tailler dans la masse pour ne conserver que l’essentiel. C’est tout un art, que je suis encore loin de très bien maîtriser. Mais j’aime cette difficulté. Ça n’a rien de frustrant à partir du moment où on le prend comme un jeu. Ce que je fais. Ce qui implique que j’apprécie encore plus les nouvelles à thèmes, car elles m’obligent à jongler avec des paramètres plus précis, tout en gardant ma liberté d’expression. La nouvelle à thème offre à mes yeux un autre avantage : celui de me soumettre une idée de départ à laquelle je n’aurais pas forcément songé. C’est très amusant pour moi d’imaginer une histoire à partir d’un socle commun, et encore plus enrichissant de découvrir ce que les autres en ont fait. La force créative de mes collègues auteurs m’oblige à me surpasser. Ce qui n’est jamais gagné, mais va dans le sens de l’amélioration de mon écriture. Enfin, je l’espère… Est-ce la première fois...

« Hérédité sanglante » par Ève Terrellon – À propos du texte et de l’auteure...

Hérédité sanglante est une nouvelle thriller d’Ève Terrellon publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure En réfléchissant au titre d’Hérédité sanglante, nous avons convenu que celui-ci devait refléter le thème central du texte, qui est celui-ci des histoires familiales, des non-dits qui les parsèment souvent, et de la transmission éventuelle de « caractéristiques » peu reluisantes au fil des générations. Dans le cas qui nous occupe dans cette nouvelle : une famille est-elle condamnée au mal, à la violence, à l’abominable ? La question se pose, car lorsqu’un monstre sanguinaire fait la Une des journaux (et entre malheureusement dans l’histoire avec un grand H), les médias font généralement preuve d’un intérêt quasi morbide pour son entourage. On peut sans difficulté imaginer les conséquences pour celui-ci. Certains pensent que c’est mérité, que les chiens ne font pas des chats. Mais est-on une « mauvaise personne » sous prétexte que l’on est fille de Pinochet ou parent de Ben Laden ? En bref, la violence est-elle dans les gènes ? Vous vous rappellerez peut-être un article du magazine Psychologie qui avait fait grand bruit, relatant un échange entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy, où ce dernier se déclarait convaincu que l’on naissait ou non pédophile, et que le malheur était de ne pas savoir le dépister. Même si l’idée évoquait au choix Minority Report ou X-Men, et faisait froid dans le dos, les propos de l’ancien président ne reposaient pourtant pas sur aucun fondement scientifique. Mais en l’état actuel de la recherche, la réponse que l’on peut apporter à la question d’une origine génétique de la violence est beaucoup plus nuancée. Il existe bien un gène (plus...