« Les éventrées » par Aurélie Gandour – À propos du texte et de l’auteure...

Les éventrées est une nouvelle thriller d’Aurélie Gandour publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure À l’heure où nous écrivons ces lignes, Les Éventrées est probablement le texte de la série « Jacques l’éventreur » qui s’affranchit le plus du fantôme de Jack. Pourtant, dès la première phrase, un car arrive et stoppe devant une chapelle blanche… Le prénom de « Jacques » flotte bien ici et là, mais c’est un personnage qu’on ne voit pas. Il y a ces femmes qu’on assassine, que l’on éventre, que l’on « prive de leurs entrailles et de leur voix ». Mais le drame se joue ailleurs. Martha est une héroïne meurtrie au plus profond de sa chair, qui peine à surnager dans le bouillon de la vie. Parisienne, citadine pur jus, on l’envoie se ressourcer à la campagne, dans un village où elle a passé une partie de son enfance. Au début, les souvenirs sont diffus, et l’accueil de sa cousine trop prévenante la met mal à l’aise. Elle se console en se disant qu’elle sera bientôt toute seule et qu’elle pourra s’isoler tout son soûl, mais c’est le paradoxe de la ruralité : on est physiquement isolé, mais tout le monde connaît tout le monde, la moindre petite chose est un événement. En réalité, on est beaucoup moins anonyme qu’en ville. C’est ce que va constater Martha, bien obligée à descendre se ravitailler à la supérette du coin. Elle met le doigt dans l’engrenage et voit resurgir connaissances et souvenirs. On pourrait craindre – et votre serviteur le premier qui expérimente et apprécie cette vie-là – que le récit se transforme en instruction à charge contre le monde...

Rencontre avec Aurélie Gandour...

Aurélie Gandour a publié Les éventrées en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que pensez-vous de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? En tant que lectrice, je préfère les romans assez longs : dans une nouvelle, on commence à peine à apprécier les personnages, à s’habituer au style de l’auteur que c’est déjà fini ! Je trouve ça un peu frustrant. Mais en tant qu’auteure, je trouve que la nouvelle est un petit laboratoire extrêmement intéressant. On peut essayer des choses, développer quelques idées pour voir ce que ça donne, s’entraîner à créer un récit cohérent. Écrire puis réécrire « Les Éventrées » a été pour moi très formateur. Quant à la nouvelle à thème, je trouve que la créativité s’épanouit le mieux sous la contrainte. Je me suis beaucoup amusée à déconstruire la légende de Jack pour voir quels éléments pouvaient être gardés, comment les transposer dans un contexte différent, ré-imaginer les personnages… C’est une fois mon imagination enrichie de tous ces éléments que je me suis attelée à l’écriture de la nouvelle en elle-même. Et c’est tellement plus facile que de ne partir de rien. Est-ce la première fois que vous répondez à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Je me rappelle, étant petite, avoir écrit divers débuts de nouvelles pour les concours de « J’aime Lire ». Et au fil des années j’ai participé à quelques concours de poèmes. Mais, oui, c’était la première fois que j’arrivais à faire aboutir une nouvelle pour un appel à textes. Qu’est-ce qui vous a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? Quand je...