« Insoumission » par Olivier Chapuis – Préface...

Insoumission est un roman noir d’Olivier Chapuis publié en 2015 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter Insoumission est-il un pied de nez au livre de Michel Houellebecq, Soumission, publié il y a quelques semaines, et dont la simultanéité avec les attentats sanguinaires contre Charlie hebdo a poussé l’auteur à fuir Paris ? Pas vraiment. Le roman polémique de Houellebecq – pléonasme ? – se veut être un récit d’anticipation, alors que celui d’Olivier Chapuis s’inscrit dans le plus pur style du roman noir. Le premier dépeint un monde qui pourrait être celui de demain, tandis que le second dresse le portrait (pas forcément reluisant il est vrai) du monde aujourd’hui. Intéressons-nous justement à celui-ci. Nous pouvons pour ce faire reprendre quelques-uns des ingrédients du cocktail de la quatrième de couverture : « Dans un grand shaker, versez généreusement jalousie, profit, infidélité, chantage, prostitution, déception, addiction et tromperie. Remuez férocement. Dégustez de préférence au bar clandestin d’un hôtel de luxe. » Nul besoin d’un gros effort d’imagination pour ancrer cela dans notre réel et dans notre histoire. Dans le procès du Carlton de Lille qui s’est tenu récemment, plusieurs des ingrédients de ce roman étaient présents : infidélité, prostitution, addiction, tromperie. Et nul doute que le profit n’était pas loin. Et pendant que, dans le même temps ou presque, certains intellectuels se mobilisent pour défendre le droit d’exercer le plus vieux métier du monde en France (ou peut-être plus probablement celui d’être client), il n’en est pas moins vrai que la « Traite des Blanches » n’est pas un fantasme, si vous me permettez l’expression : des femmes se retrouvent dans des réseaux de prostitution contre leur gré, et en retire encore moins un avantage financier à la hauteur du sacrifice consenti. Difficile de nier cela. Pourtant, il est...

Préface de la série « Enquête d'imaginaire »...

Depuis les débuts de la collection « East End », nous avons toujours été étonnés par le nombre de messages que nous recevions et qui nous demandaient si nous étions intéressés par des manuscrits mélangeant polar (ou noir, ou thriller, etc.) et un genre de l’imaginaire. Jusque récemment, nous répondions par la négative, avec une pointe de regret, car d’une part nous ne proposons pas encore de collection dédiée à la SFFF (science-fiction, fantastique, fantasy), et que d’autre part, nous sommes amateurs de littérature de genre. Mais au bout d’un moment, la goutte d’eau a fait déborder le vase, la digue s’est rompue et la passion a pris le dessus sur la raison. Le défi du mélange des genres Le mélange des genres n’est pas un exercice facile. Si l’on regarde dans le rétroviseur de la littérature, on s’aperçoit que peu s’y sont essayés. Le grand Isaac Asimov a beaucoup écrit de Science-Fiction (le cycle de Fondation, le cycle des Robots), il aussi commis un certain nombre de « whodunnits » – en français « qui l’a fait », policiers où l’énigme est prédominante – (le cycle des Veufs noirs), mais il a également expérimenté le mélange des genres avec le cycle de David Starr, écrit sous le pseudonyme de Paul French et plutôt destiné à la jeunesse : il y narre les aventures d’un jeune humain chargé d’enquêter sur les planètes du système solaire pour y résoudre des affaires. De son côté, l’auteur de Dark Fantasy Glen Cook a mêlé le policier typique des années cinquante avec la fantasy dans sa série de romans Garrett détective privé, qui raconte les enquêtes d’un détective humain dans un monde médiéval-fantastique. Michaël Cunningham, lauréat du prix Pulitzer de la fiction, a encore tenté autre chose dans son magnifique...

La première pierre est posée...

Les Éditions de Londres sont très heureuses de vous présenter le site internet de leur première collection de genre, « East End », consacrée aux polars et aux romans noirs. Pour notre maison numérique pas tout à fait comme les autres, c’est une nouvelle étape de l’aventure, commencée en 2011. Après la publication de classiques gratuits, puis payants ; après l’édition d’inédits « hors collection » ; ce n’est que la suite logique d’une démarche que nous voulons sereine et passionnée. Ce site s’étoffera avec le temps, au fil de nos publications notamment, mais nous espérons que vous y trouverez d’ores et déjà toutes les informations pratiques. Vous vous demandez pourquoi « East End » ? La réponse est sur la page « Présentation ». Vous y découvrirez également nos influences et verrez déjà se dessiner notre ligne éditoriale. Amis auteurs, plusieurs pages vous sont particulièrement destinées. La page « Bibliographie à l’usage des auteurs de polars » contient une liste d’ouvrages de documentation pouvant vous être utiles pour l’écriture de votre prochain texte. Sur la page « Appels à textes », nous levons le voile sur le genre de récits que nous aimerions recevoir dans notre boîte mail. Et sur la page « Soumettre un manuscrit », nous détaillons les prérequis à votre envoi, et dévoilons l’adresse magique. Pour finir, nous vous invitons tous à nous rejoindre sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Avec ce site, c’est le meilleur moyen de se tenir au courant de notre actualité. Et Dieu sait que nous sommes impatients de vous faire découvrir la...

Préface de la série « Un Noël en rouge »...

Qu’est-ce qui peut expliquer le titre et l’objet de cette série dans une collection de polars & romans noirs ? Il y a d’abord un responsable de collection à la fascination presque maladive pour cette période de l’année. On se permettra au passage de signaler la publication par celui-ci d’un recueil de quatre contes autour du thème du père Noël, Le père Noël ne meurt jamais, écrit conjointement avec Jean-Marie Apostolidès. Disponible bien entendu aux Éditions de Londres. Il y a ensuite la conviction que Noël est un terreau favorable à l’élaboration de textes noirs. Vous vous dites que nous avons perdu la tête ? Pas si sûr. Comme le souligne avec amertume la petite amie du héros dans le film Gremlins, la période des fêtes de fin d’années connaît généralement une hausse significative du nombre de suicides. Cette augmentation s’explique par le choc entre l’apparent bonheur ambiant et le combat que certains livrent contre l’envie d’en finir avec la vie. Le père Noël est parfois une véritable ordure. Sans pousser ses personnages à cette terrible extrémité, l’auteur peut utiliser Noël comme un background qui augmentera l’aspect dramatique de l’histoire, par un jeu de contraste similaire. Il peut jouer également avec le vécu des lecteurs, et en appeler facilement à des images ou à des souvenirs « communs » à beaucoup d’entre eux. Peu de situations permettent de poser un décor et une ambiance de manière aussi économique et précise. De nombreux écrivains – et particulièrement parmi les plus célèbres – l’ont bien compris. On peut citer notamment Mary Higgins Clark et sa fille Carol, qui collaborent régulièrement pour nous livrer des polars hivernaux. Elles ont signé pas moins de quatre romans à quatre mains : Trois jours avant Noël, Le Voleur de Noël, La Croisière de Noël et...

Préface de la série « Jacques l'Éventreur »...

On ne compte plus les essais et les documentaires consacrés à Jack l’Éventreur. Notre propos ne sera donc pas ici d’être exhaustif, mais il nous semble intéressant de commencer par un rappel des faits. Le 31 août 1888, sur les coups de 3 h 45 du matin, le corps de Mary Ann Nichols est découvert dans Buck’s Row, dans le quartier de White Chapel à Londres, par deux passants qui se rendent à leur travail. Sa jupe est relevée, sa gorge est tranchée, sa langue est légèrement lacérée, et plusieurs incisions ont été pratiquées sur l’abdomen. L’autopsie démontrera qu’elle a été préalablement étranglée, et que ses organes génitaux ont été profondément entaillés. Mary Ann Nichols avait 43 ans, et se prostituait depuis environ huit ans. Elle est la première victime reconnue de Jack l’Éventreur. Le deuxième meurtre a lieu une petite dizaine de jours plus tard, le 8 septembre 1888. Annie Chapman est retrouvée gisante dans la cour intérieure du 29 Hanbury Street, également dans le quartier de White Chapel, par l’un de ses voisins. Sa gorge est tranchée au point que la tête est presque séparée du corps. Son abdomen est ouvert, et ses intestins sont déposés sur son épaule droite. Le vagin, l’utérus et une partie de la vessie ont été prélevés. Annie Chapman avait 47 ans, et se prostituait depuis deux ans. Un témoin dira avoir entendu un appel au secours, mais n’avoir pas eu le courage de regarder par la fenêtre… Il faut ensuite attendre trois semaines pour que Jack l’Éventreur frappe à nouveau, mais il fait possiblement deux victimes dans la même nuit, le 30 septembre 1888. Tout d’abord Elizabeth Stride. Elle est découverte dans la cour d’un immeuble à 0 h 45, toujours dans le quartier de White Chapel, avec...