« Les éventrées » par Aurélie Gandour – À propos du texte et de l’auteure...

Les éventrées est une nouvelle thriller d’Aurélie Gandour publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure À l’heure où nous écrivons ces lignes, Les Éventrées est probablement le texte de la série « Jacques l’éventreur » qui s’affranchit le plus du fantôme de Jack. Pourtant, dès la première phrase, un car arrive et stoppe devant une chapelle blanche… Le prénom de « Jacques » flotte bien ici et là, mais c’est un personnage qu’on ne voit pas. Il y a ces femmes qu’on assassine, que l’on éventre, que l’on « prive de leurs entrailles et de leur voix ». Mais le drame se joue ailleurs. Martha est une héroïne meurtrie au plus profond de sa chair, qui peine à surnager dans le bouillon de la vie. Parisienne, citadine pur jus, on l’envoie se ressourcer à la campagne, dans un village où elle a passé une partie de son enfance. Au début, les souvenirs sont diffus, et l’accueil de sa cousine trop prévenante la met mal à l’aise. Elle se console en se disant qu’elle sera bientôt toute seule et qu’elle pourra s’isoler tout son soûl, mais c’est le paradoxe de la ruralité : on est physiquement isolé, mais tout le monde connaît tout le monde, la moindre petite chose est un événement. En réalité, on est beaucoup moins anonyme qu’en ville. C’est ce que va constater Martha, bien obligée à descendre se ravitailler à la supérette du coin. Elle met le doigt dans l’engrenage et voit resurgir connaissances et souvenirs. On pourrait craindre – et votre serviteur le premier qui expérimente et apprécie cette vie-là – que le récit se transforme en instruction à charge contre le monde...

« Le voisin » par Olivier Chapuis – À propos du texte et de l'auteur...

Le voisin est une nouvelle thriller d’Olivier Chapuis publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteur Nous avons fauté. Nous avons dérogé aux règles établies par l’énoncé de l’appel à textes. Il était en effet demandé de s’inspirer très librement de l’histoire de Jack l’Éventreur et de situer l’action sur le territoire français. Or Le voisin se déroule… en Suisse ! Mais combien de lecteurs s’en rendront compte ? Il aurait été possible de corriger cette « erreur » pendant ce que nous appelons le « travail éditorial ». Lors de cette étape du processus de la publication d’un livre, l’écrivain retravaille son manuscrit avec l’éditeur ou le responsable de collection, qui apporte un œil extérieur, neuf et une certaine expertise quant aux maladresses d’auteur les plus fréquentes. Ce n’est d’ailleurs qu’à ce moment-là que nous avons réalisé le relatif hors sujet, qui ne nous avait pas choqués en première lecture (peut-être sommes-nous trop habitués à lire des textes d’auteurs helvétiques ?). Celui-ci étant accepté, il s’avérait impossible de faire machine arrière – et nous ne le voulions pas –, mais il aurait été logique de « corriger » le problème. Logique, possible, mais pas forcément facile et certainement dommage. Un écrivain peut se documenter sur un lieu qu’il ne connaît pas, il peut imaginer ce qu’il ignore en partie, mais nous pensons que l’on n’écrit jamais aussi bien que lorsque nous abordons des choses qui nous sont familières. Ainsi, Sara est restée à Épalinges et nous vous demandons de considérer le temps de cette lecture que la Suisse est un département français. Nous y allons fort ? Mais non, un petit effort, je vous prie. Cela étant dit, Le voisin...

« Hérédité sanglante » par Ève Terrellon – À propos du texte et de l’auteure...

Hérédité sanglante est une nouvelle thriller d’Ève Terrellon publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure En réfléchissant au titre d’Hérédité sanglante, nous avons convenu que celui-ci devait refléter le thème central du texte, qui est celui-ci des histoires familiales, des non-dits qui les parsèment souvent, et de la transmission éventuelle de « caractéristiques » peu reluisantes au fil des générations. Dans le cas qui nous occupe dans cette nouvelle : une famille est-elle condamnée au mal, à la violence, à l’abominable ? La question se pose, car lorsqu’un monstre sanguinaire fait la Une des journaux (et entre malheureusement dans l’histoire avec un grand H), les médias font généralement preuve d’un intérêt quasi morbide pour son entourage. On peut sans difficulté imaginer les conséquences pour celui-ci. Certains pensent que c’est mérité, que les chiens ne font pas des chats. Mais est-on une « mauvaise personne » sous prétexte que l’on est fille de Pinochet ou parent de Ben Laden ? En bref, la violence est-elle dans les gènes ? Vous vous rappellerez peut-être un article du magazine Psychologie qui avait fait grand bruit, relatant un échange entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy, où ce dernier se déclarait convaincu que l’on naissait ou non pédophile, et que le malheur était de ne pas savoir le dépister. Même si l’idée évoquait au choix Minority Report ou X-Men, et faisait froid dans le dos, les propos de l’ancien président ne reposaient pourtant pas sur aucun fondement scientifique. Mais en l’état actuel de la recherche, la réponse que l’on peut apporter à la question d’une origine génétique de la violence est beaucoup plus nuancée. Il existe bien un gène (plus...

« Ciel d'orage et soupe d'orties » par Gabrielle Massat – À propos du texte et de l’auteure...

Ciel d’orage et soupe d’orties est une nouvelle policière de Gabrielle Massat publiée en 2013 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure On pourrait croire que votre serviteur, sympathique responsable de la collection « East End », reçoit beaucoup de manuscrits de romans policiers. Il n’en est rien. Considérons par exemple les nouvelles soumises à ce jour dans le cadre de notre appel à textes « Jacques l’Éventreur » : seules 10 % retournent de ce sous-genre. Il semblerait bien que ces dernières années, le thriller et le roman noir aient pris le pas sur le policier dans les collections comme la nôtre. Et lorsque l’on reçoit un roman policier, le genre est souvent mal maîtrisé : inspiration marquée par les années 50, documentation très approximative, clichés à gogo. Voilà pourquoi de battre mon cœur s’est pratiquement arrêté en lisant Ciel d’orage et soupe d’orties. Un titre qui fleure bon San Antonio, mais qui cache un texte d’un classicisme modernisé. Une intrigue « simple », mais efficace et intelligemment construite – des indices sont discrètement disséminés tout au long du récit. Des personnages qui font le pied de nez aux clichés les plus éculés. Une ambiance résolument rock ’n’ roll. Les références à Jack l’Éventreur sont là, évidentes, mais légères et comme utilisées à l’opposé de ce qui est attendu. L’éventreur de Ciel d’orage et soupe d’orties protège les prostitués, et a le sommeil agité quand il a failli à son devoir. Lorsqu’il franchit les frontières de la légalité, c’est paradoxalement pour la justice. Ce vent de fraîcheur est apporté par une jeune auteure née en 1991, Gabrielle Massat. Ses études de kinésithérapie, bien éloignées des Lettres souvent préférées par les écrivains, lui permettent sans doute un recul...

« Nièce de sang » par Marie Laurent – À propos du texte et de l’auteure...

Nièce de sang est un roman noir fantastique de Marie Laurent publié en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure Dans Nièce de sang, le mélange des genres n’est pas gratuit : l’apport du fantastique permet des questionnements impossibles sans cela. Le thème de la résurrection, employé dans un roman noir tel que nous le concevons aux Éditions de Londres, est riche d’idées. Lorsque la jeune adulte Margot Manoughian renaît vingt ans après sa mort, dans le corps d’une adolescente bien différente de la personne qu’elle était, les interrogations fusent : si nous pouvions revenir en arrière, serions-nous condamnés à refaire les mêmes erreurs ? En ferions-nous de nouvelles ? En ferions-nous plus ou moins que les autres ? En corriger certaines en entraîneraient-elles forcément de nouvelles par ricochet  ? Par ailleurs, à quel point le corps qui nous est donné détermine-t-il ce que nous sommes  ? Même question concernant la famille dans laquelle nous naissons  ? Suffit-il d’avoir de la volonté et un peu de jugeote pour se sortir d’un environnement social défavorable  ? Un cerveau d’adulte dans un corps jeune peut-il (re) faire une crise d’adolescence  ? On est en effet étonné qu’une si légère translation – renaître dans la peau de l’amie de sa nièce – puisse engendrer des changements si importants. Pourtant, il est difficile de prendre en défaut le réalisme de ce roman, une fois remisé l’aspect fantastique. Celui-ci est principalement utilisé pour mettre en place la situation de départ, mais il n’en est guère plus fait usage par la suite, et certainement pas pour introduire un quelconque deus ex machina – la tentation aurait pu être grande d’y recourir. Quoi qu’il en soit, avant d’être un roman de genre, Nièce de sang est une histoire...