Rencontre avec Sabine Dormond...

Sabine Dormond a publié Terreau toxique en 2013 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Un Noël en rouge »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un genre qui permet de papillonner d’un thème à l’autre, de cracher le sujet d’un trait. Elle convient bien à mon mode de vie morcelé où le temps consacré à l’écriture est, hélas, bien restreint. J’adorerais pouvoir écrire plus souvent des textes plus longs. Pour apaiser cette frustration, je me souviens que ces récits nous encombrent la tête, nous obligent à nous relever sans cesse la nuit pour éviter de perdre les idées qui viennent au moment de s’endormir, font qu’on n’est des fois pas très présent à notre réalité. Mais je ne suis pas complètement dupe. Parmi les Dissidents de la pleine lune, un groupe d’auteurs qui se réunit les soirs de pleine lune pour se lire des textes fraîchement pondus sur des thèmes plus farfelus les uns que les autres, les commenter et se donner une consigne pour le mois suivant, j’ai appris qu’on peut aborder les sujets qui nous tiennent à cœur sous couvert de n’importe quelle consigne. Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? À l’origine, ce thème ne m’inspirait rien du tout. Mon orgueil n’a pas supporté. Il a exigé que j’en fasse quelque chose. Et puis, j’avais envie de tester un autre éditeur, de voir si par hasard, il réussirait à faire une promotion plus efficace que ceux à qui j’ai eu affaire pour l’instant. Je leur suis toutefois très reconnaissante d’avoir...

« Terreau toxique » par Sabine Dormond – À propos du texte et de l’auteure...

Terreau toxique est une nouvelle noire de Sabine Dormond publiée en 2013 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure Sabine Dormond est suisse. Après Olivier Chapuis qui a inauguré la collection « East End » avec Fragments, c’est la deuxième fois que nous voyageons en terre helvétique – littérairement parlant. Il y a d’ailleurs une idée du noir commune entre ces deux écrivains : partir du rien, du banal, et faire monter la mayonnaise pour montrer les drames du quotidien, avec toute leur insidieuse violence. Mettre au jour les symptômes d’une société malade. Dans Terreau toxique, nous ne savons jamais où nous allons. Grâce à une écriture très cinématographique, l’auteure nous blackboule sans jamais nous perdre. Les éléments de l’intrigue s’élaborent en parallèle, au fur et à mesure, sans qu’on en prenne conscience. Tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière. C’est une histoire familiale banale : problèmes de couple, difficulté à être parents, amitiés en proie aux doutes et aux jalousies. Parfois ça passe, parfois ça casse. Ici tout se brise. La forme du texte apporte au fond : la vie est morcelée, moulinée au Grand Mixer. L’auteure utilise les fêtes de Noël comme décors pour poser une ambiance (nous en avons évoqué l’intérêt dans la préface), mais aussi comme des jalons qui viennent borner le récit. On pense à une course où il y aurait une photo au départ et une à l’arrivée. Mais en fait de course, il s’agirait plutôt de boxe. Le père Noël a mis ses gants rouge. Sabine Dormond n’est pas seulement suisse – cela ne peut occuper à plein temps – : elle est également traductrice indépendante, mère de deux ados et elle poursuit...