Noël d’encre par Ginette Santourens – À propos du texte et de l’auteur...

Noël d’encre est une nouvelle noir de Ginette Santourens publiée en 2016 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte Il flotte dans Noël d’encre de Ginette Santourens un parfum de Twin Peaks de David Lynch. Non que le personnage principal soit un agent du FBI aux méthodes peu conventionnelles ou que le « Bar de l’Espérance » ait grand-chose de commun avec le « Jack n’a qu’un œil ». Mais il y a de proche entre ces deux-là un certain sens de l’absurde, du bizarre, et nous dirions même, du grotesque. Et une pointe de fantastique. Pourtant, l’auteure assure que cette ressemblance est purement fortuite, l’œuvre du cinéaste — celui-ci en tout cas — ne l’inspirant pas spécialement. Se plonger dans Noël d’encre, c’est effet être absorbé par une ambiance particulière : tantôt festive, tantôt étouffante, tantôt délirante, parfois un peu des trois à la fois. On retrouve par moment nos repères pour mieux les perdre à nouveau. Noël d’encre est un texte qui vaut particulièrement pour la palette de sensation qu’il promet de faire vivre au lecteur. Le Noël célébré dans ce texte est plein d’ambiguïté. C’est « Je t’aime Père Noël… moi non plus ». Tantine est tout à la fois écœurée par les excès de la fête, mal à l’aise de la pression familiale, rassurée par la bienveillance et la proximité que cette fête particulière instille en tout un chacun. Et c’est vrai que Noël, c’est un peu tout cela. Au point que l’alcoolisme, thème maintes fois exploré dans la littérature noire, semble n’être ici qu’un prétexte. À propos de l’auteur Ginette Santourens est informaticienne, activité sans originalité dit-elle. Celle-ci se trouve certainement alors dans l’éclectisme de ses goûts littéraire : William Faulkner, Léon Tolstoï, Antonin Artaud, Friedrich Nietzche,...

Rencontre avec Sabine Dormond...

Sabine Dormond a publié Terreau toxique en 2013 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Un Noël en rouge »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un genre qui permet de papillonner d’un thème à l’autre, de cracher le sujet d’un trait. Elle convient bien à mon mode de vie morcelé où le temps consacré à l’écriture est, hélas, bien restreint. J’adorerais pouvoir écrire plus souvent des textes plus longs. Pour apaiser cette frustration, je me souviens que ces récits nous encombrent la tête, nous obligent à nous relever sans cesse la nuit pour éviter de perdre les idées qui viennent au moment de s’endormir, font qu’on n’est des fois pas très présent à notre réalité. Mais je ne suis pas complètement dupe. Parmi les Dissidents de la pleine lune, un groupe d’auteurs qui se réunit les soirs de pleine lune pour se lire des textes fraîchement pondus sur des thèmes plus farfelus les uns que les autres, les commenter et se donner une consigne pour le mois suivant, j’ai appris qu’on peut aborder les sujets qui nous tiennent à cœur sous couvert de n’importe quelle consigne. Qu’est-ce qui t’a plu dans cet appel à textes ? Pourquoi avoir répondu à celui-ci plutôt qu’à un autre ? À l’origine, ce thème ne m’inspirait rien du tout. Mon orgueil n’a pas supporté. Il a exigé que j’en fasse quelque chose. Et puis, j’avais envie de tester un autre éditeur, de voir si par hasard, il réussirait à faire une promotion plus efficace que ceux à qui j’ai eu affaire pour l’instant. Je leur suis toutefois très reconnaissante d’avoir...

« Terreau toxique » par Sabine Dormond – À propos du texte et de l’auteure...

Terreau toxique est une nouvelle noire de Sabine Dormond publiée en 2013 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure Sabine Dormond est suisse. Après Olivier Chapuis qui a inauguré la collection « East End » avec Fragments, c’est la deuxième fois que nous voyageons en terre helvétique – littérairement parlant. Il y a d’ailleurs une idée du noir commune entre ces deux écrivains : partir du rien, du banal, et faire monter la mayonnaise pour montrer les drames du quotidien, avec toute leur insidieuse violence. Mettre au jour les symptômes d’une société malade. Dans Terreau toxique, nous ne savons jamais où nous allons. Grâce à une écriture très cinématographique, l’auteure nous blackboule sans jamais nous perdre. Les éléments de l’intrigue s’élaborent en parallèle, au fur et à mesure, sans qu’on en prenne conscience. Tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière. C’est une histoire familiale banale : problèmes de couple, difficulté à être parents, amitiés en proie aux doutes et aux jalousies. Parfois ça passe, parfois ça casse. Ici tout se brise. La forme du texte apporte au fond : la vie est morcelée, moulinée au Grand Mixer. L’auteure utilise les fêtes de Noël comme décors pour poser une ambiance (nous en avons évoqué l’intérêt dans la préface), mais aussi comme des jalons qui viennent borner le récit. On pense à une course où il y aurait une photo au départ et une à l’arrivée. Mais en fait de course, il s’agirait plutôt de boxe. Le père Noël a mis ses gants rouge. Sabine Dormond n’est pas seulement suisse – cela ne peut occuper à plein temps – : elle est également traductrice indépendante, mère de deux ados et elle poursuit...