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Appel à textes « Enquête d'imaginaire »...

La SFFF (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy) et le PPNTE (Policier, Polar, Noir, Thriller, Espionnage – acronyme que nous venons d’inventer et qui est libre de droits – voir aussi la préface de Fragments) ont pour point commun d’appartenir aux littératures de genre. Et ce n’est pas rien : cela développe au moins une certaine solidarité entre lecteurs/auteurs/éditeurs. Pourtant, peu ont essayé ou réussi à mélanger les genres. Faut-il être Isaac Asimov (Cycle de David Starr, sous le nom de Paul French) pour oser le pari ? Ou dans une « moindre mesure » – Asimov étant un monument –, Glen Cook (Garrett Détective Privé) ? Nous ne croyons pas, et nous faisons le pari que vous pouvez nous surprendre ! Les contraintes thématiques sont simples : mélanger un sous-genre de la SFFF à l’un de ceux relevant habituellement de la collection (pour rappel : Policier, Polar, Noir, Thriller, Espionnage). Les manuscrits devront compter au moins 7 000 mots. Pas de date limite de remise, car nos appels à textes sont désormais permanents. L’envoi se fait via la page de soumission habituelle en indiquant [En quête] dans le sujet du mail. Les manuscrits retenus dans le cadre de cet appel à textes feront l’objet d’une publication numérique individuelle, du moins dans un premier...

Rencontre avec Marie Laurent...

Marie Laurent a publié Nièce de sang en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Enquête d’imaginaire »). > Voir la fiche du livre > Acheter Tes précédentes publications ont pour point commun d’être teintées de romance. Or, même s’il est question de sentiments dans Nièce de sang, c’est avant tout un roman noir fantastique. N’as-tu pas l’impression de faire le grand écart ? Mes précédentes publications teintées de romance résultent d’un appel à textes pour une collection sentimentale, auquel j’ai répondu en 2010 en envoyant un manuscrit de jeunesse, remanié. Du coup, j’ai abandonné mon roman en cours, de l’anticipation assez noire avec une composante sentimentale : la suite de La race des Séniors, paru en 2009. Cette même année, j’avais écrit Nièce de sang, modifié en 2010, surtout au niveau de la fin. Ma période « fantastique » a connu un vrai développement à partir de 2007, date de ma découverte de l’œuvre de HP Lovecraft, dont j’ai transposé deux textes (sans beaucoup de réussite !). De nombreuses nouvelles sont nées à cette époque. Certaines ont été publiées en collectif, d’autres dans un recueil Dérangements ordinaires. Curieusement, deux des nouvelles de ce recueil ont servi de base à un roman : Ensorcelante Margarita et La mouche d’Éléonore. Toutes deux alliant fantastique et romance, je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment fait le grand écart.   J’écris dans la postface que Nièce de sang incite à s’interroger sur les erreurs que nous faisons au cours de notre vie, et sur leur inéluctabilité. Était-ce ton idée de départ ou un simple « dommage » collatéral ? Au départ, Nièce de sang était une nouvelle inspirée de faits réels. J’ai préféré lui donner une teinture fantastique plutôt que de retranscrire fidèlement la réalité. En bref : Margot a existé, mais elle n’est jamais sortie de sa tombe pour tourmenter sa nièce. Le court récit a très vite pris de l’ampleur et s’est transformé en roman. Le...

Rencontre avec Ève Terrellon...

Ève Terrellon a publié Hérédité sanglante en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est l’exercice le plus difficile que je connaisse. Moi qui aime les scénarios complexes, j’ai toujours un peu de mal à ne pas m’y sentir à l’étroit. Un format court laisse peu de place à l’improvisation, la mienne étant souvent désordonnée. Une fois l’idée trouvée, il faut que je la canalise, et à mes yeux, tout l’attrait de la nouvelle se trouve justement là : dans la recherche du meilleur équilibre entre les différentes parties de l’histoire, le choix des mots justes, l’obligation de tailler dans la masse pour ne conserver que l’essentiel. C’est tout un art, que je suis encore loin de très bien maîtriser. Mais j’aime cette difficulté. Ça n’a rien de frustrant à partir du moment où on le prend comme un jeu. Ce que je fais. Ce qui implique que j’apprécie encore plus les nouvelles à thèmes, car elles m’obligent à jongler avec des paramètres plus précis, tout en gardant ma liberté d’expression. La nouvelle à thème offre à mes yeux un autre avantage : celui de me soumettre une idée de départ à laquelle je n’aurais pas forcément songé. C’est très amusant pour moi d’imaginer une histoire à partir d’un socle commun, et encore plus enrichissant de découvrir ce que les autres en ont fait. La force créative de mes collègues auteurs m’oblige à me surpasser. Ce qui n’est jamais gagné, mais va dans le sens de l’amélioration de mon écriture. Enfin, je l’espère… Est-ce la première fois...

Rencontre avec Gabrielle Massat...

Gabrielle Massat a publié Ciel d’orage et soupe d’orties en 2014 aux Éditions de Londres, dans la collection « East End » (série « Jacques l’Éventreur »). > Voir la fiche du livre > Acheter Que penses-tu de l’exercice de la nouvelle, d’une manière générale ? Et de la nouvelle à thème en particulier ? La nouvelle est un art très exigeant. Je trouve ça bien plus compliqué que l’écriture d’un roman. Une bonne nouvelle, c’est une précision millimétrée et un thème assez fort pour avoir de l’impact sans être développé : autant dire un sacré challenge. Sans compter les codes très précis de ce format… Je pense que l’intérêt de la nouvelle à thème réside dans l’interprétation que l’on peut faire du sujet. Je trouve ça très ludique et je réussis, paradoxalement, à être plus créative dans ce cadre. Si j’ai quelque chose à dire, je préfère l’étoffer pour en faire une novella ou un roman plutôt qu’une nouvelle. C’est pour ça que je ne me lance jamais dans une nouvelle à thème libre. Et si je verse volontiers dans la nouvelle à thème, c’est justement parce que le cadre imposé en fait un exercice attrayant, qui m’oblige à réfléchir à des sujets que je n’aurais pas traités spontanément. L’idée m’est soufflée par le thème, donc je me plie aux contraintes de format. Est-ce la première fois que tu réponds à un appel à textes comme « Jacques l’Éventreur » ? Juste avant cet appel à texte, j’ai répondu à un appel à romans. C’est tout. De manière générale, je suis assez réfractaire aux contraintes et à la notion de concours. Je ne participe à un appel à texte que si le thème (voire le format, mais c’est plus rare) m’intéresse suffisamment pour représenter un défi personnel. Ça...

« Hérédité sanglante » par Ève Terrellon – À propos du texte et de l’auteure...

Hérédité sanglante est une nouvelle thriller d’Ève Terrellon publiée en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure En réfléchissant au titre d’Hérédité sanglante, nous avons convenu que celui-ci devait refléter le thème central du texte, qui est celui-ci des histoires familiales, des non-dits qui les parsèment souvent, et de la transmission éventuelle de « caractéristiques » peu reluisantes au fil des générations. Dans le cas qui nous occupe dans cette nouvelle : une famille est-elle condamnée au mal, à la violence, à l’abominable ? La question se pose, car lorsqu’un monstre sanguinaire fait la Une des journaux (et entre malheureusement dans l’histoire avec un grand H), les médias font généralement preuve d’un intérêt quasi morbide pour son entourage. On peut sans difficulté imaginer les conséquences pour celui-ci. Certains pensent que c’est mérité, que les chiens ne font pas des chats. Mais est-on une « mauvaise personne » sous prétexte que l’on est fille de Pinochet ou parent de Ben Laden ? En bref, la violence est-elle dans les gènes ? Vous vous rappellerez peut-être un article du magazine Psychologie qui avait fait grand bruit, relatant un échange entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy, où ce dernier se déclarait convaincu que l’on naissait ou non pédophile, et que le malheur était de ne pas savoir le dépister. Même si l’idée évoquait au choix Minority Report ou X-Men, et faisait froid dans le dos, les propos de l’ancien président ne reposaient pourtant pas sur aucun fondement scientifique. Mais en l’état actuel de la recherche, la réponse que l’on peut apporter à la question d’une origine génétique de la violence est beaucoup plus nuancée. Il existe bien un gène (plus...

« Ciel d'orage et soupe d'orties » par Gabrielle Massat – À propos du texte et de l’auteure...

Ciel d’orage et soupe d’orties est une nouvelle policière de Gabrielle Massat publiée en 2013 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure On pourrait croire que votre serviteur, sympathique responsable de la collection « East End », reçoit beaucoup de manuscrits de romans policiers. Il n’en est rien. Considérons par exemple les nouvelles soumises à ce jour dans le cadre de notre appel à textes « Jacques l’Éventreur » : seules 10 % retournent de ce sous-genre. Il semblerait bien que ces dernières années, le thriller et le roman noir aient pris le pas sur le policier dans les collections comme la nôtre. Et lorsque l’on reçoit un roman policier, le genre est souvent mal maîtrisé : inspiration marquée par les années 50, documentation très approximative, clichés à gogo. Voilà pourquoi de battre mon cœur s’est pratiquement arrêté en lisant Ciel d’orage et soupe d’orties. Un titre qui fleure bon San Antonio, mais qui cache un texte d’un classicisme modernisé. Une intrigue « simple », mais efficace et intelligemment construite – des indices sont discrètement disséminés tout au long du récit. Des personnages qui font le pied de nez aux clichés les plus éculés. Une ambiance résolument rock ’n’ roll. Les références à Jack l’Éventreur sont là, évidentes, mais légères et comme utilisées à l’opposé de ce qui est attendu. L’éventreur de Ciel d’orage et soupe d’orties protège les prostitués, et a le sommeil agité quand il a failli à son devoir. Lorsqu’il franchit les frontières de la légalité, c’est paradoxalement pour la justice. Ce vent de fraîcheur est apporté par une jeune auteure née en 1991, Gabrielle Massat. Ses études de kinésithérapie, bien éloignées des Lettres souvent préférées par les écrivains, lui permettent sans doute un recul...

« Nièce de sang » par Marie Laurent – À propos du texte et de l’auteure...

Nièce de sang est un roman noir fantastique de Marie Laurent publié en 2014 par Les Éditions de Londres dans la collection « East End ». > Voir la fiche du livre > Acheter À propos du texte et de l’auteure Dans Nièce de sang, le mélange des genres n’est pas gratuit : l’apport du fantastique permet des questionnements impossibles sans cela. Le thème de la résurrection, employé dans un roman noir tel que nous le concevons aux Éditions de Londres, est riche d’idées. Lorsque la jeune adulte Margot Manoughian renaît vingt ans après sa mort, dans le corps d’une adolescente bien différente de la personne qu’elle était, les interrogations fusent : si nous pouvions revenir en arrière, serions-nous condamnés à refaire les mêmes erreurs ? En ferions-nous de nouvelles ? En ferions-nous plus ou moins que les autres ? En corriger certaines en entraîneraient-elles forcément de nouvelles par ricochet  ? Par ailleurs, à quel point le corps qui nous est donné détermine-t-il ce que nous sommes  ? Même question concernant la famille dans laquelle nous naissons  ? Suffit-il d’avoir de la volonté et un peu de jugeote pour se sortir d’un environnement social défavorable  ? Un cerveau d’adulte dans un corps jeune peut-il (re) faire une crise d’adolescence  ? On est en effet étonné qu’une si légère translation – renaître dans la peau de l’amie de sa nièce – puisse engendrer des changements si importants. Pourtant, il est difficile de prendre en défaut le réalisme de ce roman, une fois remisé l’aspect fantastique. Celui-ci est principalement utilisé pour mettre en place la situation de départ, mais il n’en est guère plus fait usage par la suite, et certainement pas pour introduire un quelconque deus ex machina – la tentation aurait pu être grande d’y recourir. Quoi qu’il en soit, avant d’être un roman de genre, Nièce de sang est une histoire...

Préface de la série « Enquête d'imaginaire »...

Depuis les débuts de la collection « East End », nous avons toujours été étonnés par le nombre de messages que nous recevions et qui nous demandaient si nous étions intéressés par des manuscrits mélangeant polar (ou noir, ou thriller, etc.) et un genre de l’imaginaire. Jusque récemment, nous répondions par la négative, avec une pointe de regret, car d’une part nous ne proposons pas encore de collection dédiée à la SFFF (science-fiction, fantastique, fantasy), et que d’autre part, nous sommes amateurs de littérature de genre. Mais au bout d’un moment, la goutte d’eau a fait déborder le vase, la digue s’est rompue et la passion a pris le dessus sur la raison. Le défi du mélange des genres Le mélange des genres n’est pas un exercice facile. Si l’on regarde dans le rétroviseur de la littérature, on s’aperçoit que peu s’y sont essayés. Le grand Isaac Asimov a beaucoup écrit de Science-Fiction (le cycle de Fondation, le cycle des Robots), il aussi commis un certain nombre de « whodunnits » – en français « qui l’a fait », policiers où l’énigme est prédominante – (le cycle des Veufs noirs), mais il a également expérimenté le mélange des genres avec le cycle de David Starr, écrit sous le pseudonyme de Paul French et plutôt destiné à la jeunesse : il y narre les aventures d’un jeune humain chargé d’enquêter sur les planètes du système solaire pour y résoudre des affaires. De son côté, l’auteur de Dark Fantasy Glen Cook a mêlé le policier typique des années cinquante avec la fantasy dans sa série de romans Garrett détective privé, qui raconte les enquêtes d’un détective humain dans un monde médiéval-fantastique. Michaël Cunningham, lauréat du prix Pulitzer de la fiction, a encore tenté autre chose dans son magnifique...